"Je me dis que ça va passer"
Paule Santa A.
3/4/20262 min read


La résignation silencieuse au travail
“Je me dis que ça va passer.”
La phrase est dite calmement. Presque avec un sourire. Elle ne ressemble pas à une alerte. Elle ressemble à de la patience. Et pourtant.
Derrière ces mots, il y a souvent des réveils plus lourds qu’avant. Une fatigue qui ne disparaît pas, même après un week-end. Une perte d’élan. Une diminution imperceptible de l’envie.
Quand on commence à espérer que le travail “passe”, c’est souvent qu’on a déjà commencé à s’y résigner.
La différence entre patience et résignation
La patience est active. Elle s’inscrit dans une perspective : un projet, une évolution, une échéance claire. On accepte une période inconfortable parce qu’on sait pourquoi on la traverse.
La résignation est différente. Elle ne s’appuie sur aucun cap. Elle consiste à réduire ses attentes pour rendre la situation supportable. On ne cherche plus du sens. On cherche juste que la journée se termine. C’est subtil. Et profondément humain. Le cerveau préfère croire que “ça va passer” plutôt que d’envisager que quelque chose doit changer.
Un mécanisme de protection… qui coûte cher
Dire “ça va passer”, ce n’est pas un manque de motivation. C’est souvent un mécanisme de protection. On évite de regarder en face l’écart entre ce que l’on vit et ce dont on a besoin.
On s’adapte. On s’ajuste. On minimise. Mais le corps, lui, ne négocie pas.
La fatigue s’installe.
La charge mentale augmente.
L’irritabilité apparaît.
Puis parfois, plus rien. Une forme d’indifférence.
La colère est encore un signe de vitalité.
L’indifférence, elle, signale un épuisement plus profond.
La résignation silencieuse touche les plus investis
Ce ne sont pas les personnes désengagées qui disent “ça va passer”. Ce sont souvent les plus loyales. Les plus responsables. Les plus consciencieuses. Celles qui tiennent. Celles qui ne veulent pas décevoir. Celles qui s’adaptent longtemps. Jusqu’au jour où l’énergie ne revient plus.
Détecter le signal avant la rupture
Se surprendre à espérer que “ça passe” n’est pas un échec. C’est une information. Une information précieuse. Elle dit peut-être qu’il y a un écart entre vos valeurs et votre environnement. Qu’un cadre n’est plus adapté. Qu’un rôle ne correspond plus à votre évolution.
Supporter n’est pas vivre.
Attendre n’est pas choisir.
Tenir n’est pas avancer.
Nommer ce que l’on ressent est souvent le premier pas vers un repositionnement plus juste.
La résignation silencieuse n’est pas une faiblesse. C’est un signal. Et tout signal peut devenir un point de départ.
Paule Santa A.
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